20 – Bienvenus au Laos

A vos marques…prêts?

7h45 : Nous sommes prêts à partir pour le Laos. Les sacs sont faits, fermés et cadenassés, la chambre est vide. Rien sous le matelas. Rien dans la salle de bain. Rien sous le lit. Roooolala, mais oui! Nous sommes prêts!!!Le départ en voiture est prévu pour 8h et nous sommes même déjà caféinés… On frappe à la porte. Ce doit être le propriétaire de l’hôtel qui vient nous prévenir que l’ heure est venue. Laoooos, nous voilà!

 » – Good morning! Hellooo!

-I’m sorry! No bus this morning.

-Oh, really? Why?

-There is a competition of dragon boat this morning, and the driver want to see it.

-(…)

-So,you can take the bus at one or two pm.

-At one or two?

-At one or two.

-Okay! Same price? Same company? Same ticket?

-Yes, yes!

-And how do we do when we arrive in Laos, to go to Don Det?

-There is a guy. He will help you. »

Ahah! C’est ça qui est bon ici! C’est qu’avant d’être parti, tu n’es jamais sûr de partir. Et une fois parti, tu n’es jamais sûr d’arriver…ou en tous cas, tu ne sais jamais trop quand ni comment. Là, nous avons même eu l’impression qu’il y avait quelque chose de mystérieux :  » Il y a un gars…de l’autre côté de la frontière…il va vous aider…
Il nous reste donc 5 ou 6 heures avant le départ. Et si nous allions voir la compétition des dragons-boat sur le mékong nous aussi?

La ville de Stung Treng est sorti de son état léthargique. Le soleil déborde d’énergie, les sonos turbinent à fond les ballons, les caméras sont sur place et la commentatrice, micro à la main, à l’air de bien se lâcher et se fend la poire entre deux courses.

Il y a un petit air de kermesse: les barbecues fument, les terrasses se remplissent, la rive est interdite aux véhicules motorisés et il y a des mecs en shorts qui s’échauffent.(Ouais bon d’accord, aucun rapport avec une kermesse.)


Un petit verre au dessus du Mékong le temps d’ assister à quelques courses eeeeet…Pan! Wow, ça dépote! Un sprint d’ environ un kilomètre (à quelques vagues près). Lucie prend les « Orange ». Manu les « bleus ». Oulala, c’est un départ canon pour les bleus. Vont-ils tenir la distance? Et…et…ouiiiii! Manu gagne. Enfin..les bleus gagnent. Puis une autre course. Puis une autre…

13h, nous attendons le bus. 13h30. 14h…14h15…Eeet le deuxième départ est le bon! (Pascal Montiel, sort de ce blog!) Maintenant, la pression monte un peu. Nous sommes bien décidé à ne payer que les 60$ officiels pour l’obtention de nos deux visas. Seulement voilà, après lecture de plusieurs blogs, nous avons appris que nous nous apprêtons à passer une des frontières les plus corrompue d’Asie. Les gardes vous demandent 2 dollars pour le coup de tampon de sortie, 2 autres pour celui d’entrée, puis aussi 2 pour une visite médicale totalement improvisée faite par des femmes en blouse blanche, puis 1 dollar parce que c’est le week end… wowowowow! J’ai à peine eu le temps d’imaginer quelques scénarii que…

…nous y voilà! Nous sommes les premiers du groupe a passer. Et comme prévu, le policier de frontière cambodgienne demande 2$ à Lucie. Discrètement, sans faire de scandale, sans parler très fort, elle répond dans son anglais parfait:

« – I’m sorry but I know it’s not a obligation so I don’t want to pay! »

L’agent pestera quelque chose en khmer avant de lui jeter son passeport par l’encart de la fenêtre. Mécontent, il ne tentera même pas sa chance avec Manu. Ça commence plutôt bien! S’il n’y a pas plus de résistance que cela, on devrait s’en tirer facilement.

Sur le chemin qui mène au border pour le Laos, des mecs en uniforme nous prennent en photo avec leur téléphone. Tu ne sais pas qui c’est, ni pourquoi ils te photographient pendant que tu marches..et ils portent un uniforme. Trois bonnes raisons pour se tenir à distance.

Bonne nouvelle : les « infirmières » ne sont pas de la partie!
Nous arrivons donc au dernier contrôle de police qui nous sépare du Laos: le service d’immigration laotien, connu pour être les plus coriaces.

Pas loupé! Nous nous sommes retrouvés coincés 40 minutes, les passeports retenus en otage par les « autorités compétentes ». Nous n’en reverrons la couleur que si nous acceptons de payer les 2 dollars.

Nous sommes maintenant 6 français à faire block et le chauffeur du bus (complice de la magouille) commence à nous mettre la pression. Si nous ne payons pas dans les 5 minutes, il partira sans nous. Une dernière tentative:

« -Nous n’avons pas d’argent, mais si vous voulez, nous pouvons payer en carte bleue.

-Only cash! » Pas folle la guêpe!

Fatigués et à bout de patience, tout le monde finira par lâcher ses 2$. (Je ne sais pas combien de personnes traversent cette frontière par jour, mais dans ce pays où le salaire minimum est de 90 euros par mois, le poste de garde frontière vaut de l’or!

Nous voilà donc en direction des 4000 îles.

Nous sommes accueillis par un soleil rouge, qui part se coucher sans perdre une once de vitalité derrière le Mékong. Nous débarquons à l’embarcadère ( disons au débarcadère du coup!) du nord de l’île, de nuit ( incroyable, il faisait jour il y a 15 minutes à peine!) Dix minutes de marche sur un chemin de terre plongé dans la nuit noire nous séparent d’un bungalow posé au dessus du Mékong.

Après notre première nuit, nous partons à pied à la découverte des îles de Don Det et Don Khone.

Après seulement 500 mètres de marche, nous nous trouvons déjà loin de l’émulsion touristique. Les berges du Mékong sont sauvages, les chemins sont bloqués par des buffles impassibles et nous ne croiserons pas un touriste avant un bon moment.

Un homme d’une cinquantaine d’ année nous propose un happy smoke. Sur une pancarte, en bas des marches de sa maison,on peut lire, happy smoke, happy shake et champignons shake. Nous croiserons d’autres menus tels que les « happy-pizza », « mushroom tea », etc. Surprenant dans un pays où la vente et la consommation de drogues peuvent être très sévèrement punis.

Après une quinzaine de kilomètres parcourus, nous nous octroyons une petite pause sur une petite terrasse, au dessus de petits rapides.

Un pont de bois en « maintenance », disons plutôt à l’abandon semble mené à un endroit encore plus sauvage. Nous voyons deux laotiens l’emprunter, chargés de filets de pêche. L ‘un d’eux est au moins aussi bien portant que Manu au départ de Nantes, il y a bientôt 4 mois. Le pont est donc solide!

Manu prendra son courage à deux mains pour passer de l’autre côté, puis continuera à marcher un peu de l’autre côté, les jambes flagadous, ramollit par un vertige qui ne semble pas vouloir le quitter. ( Quand même, saut à la perche, parapente, avion, moto en montagne et maintenant traversée de pont au dessus des rapides…rien n’y fait!)

Le lendemain, nous passerons la journée à nous laisser bercés par le doux mouvement du hamac, entre un pad-thai et un curry vert-coco, et entrons donc dans la vie Laotienne au rythme du soleil de Don Det.

Nous nous levons aux aurores pleins de vie, avançons lentement, sereinement, et nous couchons encore rougeoyant, prêts à remettre ça dès le lendemain matin, une fois les batteries rechargées à block!

Ici, le temps s’ égrène paisiblement et nous passons nos journées à marcher, grimper, admirer la nature, manger et dormir…

Nous quitterons l’île de Don Det totalement revigorés, avec la sensation d’avoir fait une réelle pause dans notre voyage. Nous reprendrons la route direction Paksé et le plateau des bolovens.

5 réflexions sur “20 – Bienvenus au Laos

  1. Merci les jeunes pour votre blog qui tombe bien comme nous faisons souvent tout à l’envers
    Nous descendons vers le sud pour finir au Cambodge.
    Il vaut mieux car dans l’hôtel où l’ont s’est trouvé le lit a tremblé deux fois hier et aujourd’hui.
    le séisme du nord Laos.

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  2. Coucou les jeunes!!! OH la la….que de frayeur à traverser les frontières,mais je vois que vous prenez de plus en plus d’assurance et que vous discutez les ‘honoraires’ non conventionnels!!Mais ce doit être effectivement un peu inquiétant selon les frontières!!
    Merci pour ce nouvel article riche en photos et infos.
    Profitez bien du Laos avant de partir pour d’autres aventures!!!
    Bisous à vous!!!!

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